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Ce blog m'appartient. Les textes qui sont les miens aussi.
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jeudi 4 août 2016

Incidents aériens


Après avoir écrit l’histoire de mon premier vol En avion en compagnie de mon Cousin Michel, Chirurgien ORL de son état et qui avait appris à piloter, j’avais eu envie de raconter les quelques déboires vécus lors de voyages aériens, et ce, sur de bien plus longues destinations. J’y ai mis le temps, mais voici comment, personnellement, j’ai eu quelques frayeurs.


En Août 1985, seule, j'ai quitté ma Sarthe d'adoption pour aller rendre une première visite à mon amie américaine, Julia, avec qui je correspondais depuis vingt trois ans. Dans les semaines qui ont précédé mon départ, il y avait eu, en France, au moins deux accidents ferroviaires dans lesquels certaines personnes avaient trouvé la mort, le crash d'un Boeing au Japon et celui d'un avion de lignes intérieures américaines, un Tristar, sur l'aéroport de Dallas.
D'ailleurs, quelqu'un que je connais bien, m'avait dit que ces avions de lignes intérieures étaient de vieux coucous. Tout cela vous met dans l'ambiance.

Ce n'était pas très engageant pour une première traversée aérienne de l'Atlantique et celle du territoire étasunien, jusqu' à Salt Lake City, là-bas, dans les Rocheuses. Ayant déjà mon billet d'avion en poche, je ne pouvais plus reculer. Mon Papa, un peu inquiet, me demanda si j'avais souscrit une police d'assurance vie.
-- Pourquoi ? Lui dis-je, je ne suis même pas sûre d'arriver à Montparnasse.
J'ai volé sur un DC10 d'American Air Lines, d'Orly jusqu'à Dallas où je dus attendre six heures ma correspondance pour Salt Lake City.
Je peux vous dire que ça file les chocottes quand vous voyez sur un aéroport les traces d'un crash survenu peut de temps avant.
Mon voyage aller se passa bien, celui du retour aussi.

En 1996, je repars aux Etats-Unis, toujours pour Salt Lake, city, mais cette fois-là, avec mon Chéri. Nous réservons notre vol sur United Air Lines, moins cher que que AA.
Cette fois, nous partons de Roissy Charles de Gaulle sur un Boeing 777 pour Chicago.
Tout se passa bien, même dans le second avion, un vieux Boeing 727, sauf que nous sommes arrivés à SLC avec du retard et que nous ne savons pas trop ce que nous avons mangé au dîner. D’ailleurs, le repas du midi, n’ avait pas flatté nos papilles non plus.

Au retour, ce ne sera pas la même histoire. Nous atterrissons à Chicago assez durement et en godillant quelque peu suite à des rafales de vent qui ont plaqué l'appareil au sol. On se disait qu'une partie du temps d'attente pour le second avion allait être un peu raccourcie vu qu'il faudrait, comme pour l’aller, prendre une petite navette pour nous emmener au terminal de départ vers notre belle France. Que nenni ! La porte d'embarquement était juste à côté de celle par laquelle nous avions débarqué ; six heures d'attente avant de pouvoir réembarquer, Nous avons eu le loisir de voir arriver notre avion qui venait de Denver et avons assisté à sa préparation pour notre vol vers Paris. Et la cerise sur la gâteau, nous avons vu à la télévision le crash d’un avion dans les Everglades duquel certains passagers avaient été croqués par des alligators dans les marais ; reportage fort réconfortant pour ne pas dire flippant. Heureusement, nous ne volerons pas au-dessus de la Floride.

Nous avons décollé avec une bonne demie heure de retard à cause de celui d'un passager ; ça commençait bien. L'avion quitte le terminal arrive avec lenteur jusqu'à la piste d'envol, Le pilote met les gaz à fond, l'avion s'élance et au bout de quelques secondes, il nous fait un freinage d'enfer à aller donner du nez dans le dossier des sièges devant nous.
On nous annonce que quelque chose ne va pas et l'avion prend une piste d'attente. Nous restons là bien une autre bonne demie heure et ouf ! nous pouvons repartir ; quand je dis ouf, c'est plutôt oh là là !

Nous voilà donc lancés presque à fond les manettes sur la piste et patatras, nouvel arrêt, difficile dans ce cas là de rester zen. Nous avons poussé un grand ouf de soulagement. Nous retournons à un terminal ; tout le monde descend et surtout n'oubliez pas vos bagages à main. L'avion a été vidé de son fret, des repas, des bagages en soute et tout le tintouin. Il nous fallait changer d'avion. Nous avons du attendre qu'un autre avion soit préparé : plein de tout, de kérosène, des bagages, des repas, du fret et du courrier et tout et tout et tout. On nous a mis à disposition des boissons gratuites mais point à manger, et moi, malgré mon stress, j'avais faim, Nous vîmes passer notre commandant de bord avec une énorme pizza, c'était le même qu’au voyage aller, il s'appelait Monsieur Eagle, ça ne s'oublie pas. Nous avons attendu un temps certain. Nous devions arriver chez nous vers treize heures , nous sommes arrivés en ville juste quelques minutes avant dix neuf heures, juste le temps d'aller acheter un bout à manger chez le charcutier près de la gare. C'était la première fois que mon Chéri prenait l'avion.



En 2001, un mois après les attentats du Onze septembre, nous reprenions l'avion pour les Antilles, je peux vous dire que j'ai flippé à mort.

En 2005, nous prenons un billet pour la Guadeloupe, pour rendre visite à des amis avant de passer nos vacances en Martinique. Billets réservés auprès de la compagnie Corsair. Nous volerons sur un Jumbo. A l'embarquement, au fond de l'avion (nous prenions toujours les dernières places où il n'y a que deux fauteuils - ce que nous ne pourrons plus faire à l'avenir, sauf à réserver soi-même sur internet, ce que nous avions fait il y a deux ans), des techniciens s'affairent justement à la queue de l’appareil. Nous leur demandons si ça va le faire et bien évidemment ils nous répondent que oui.

Sauf qu'au bout d'un moment après le décollage, un long moment, puisqu'il s'agit de déjà une heure et demi de vol, le commandant de bord nous avertit que le soleil a changé de côté car il a fait un demi tour en une large boucle, certainement pour ne pas affoler les passagers, comme quoi l'avion avait un problème, qu'il pourrait être réparé aux Antilles mais qu'il préfère retourner à Orly. Facile à compter, une heure et demi  plus une heure et demi, ça fera déjà trois heures de retard. A l’atterrissage, nous nous apercevons que dehors, tout le service de sécurité nous attend : camions de pompiers, ambulances et j’en passe.

L'avion atterrit sur le tarmac technique. Tout le monde descend à l'aide d'un ancien escalier sur roulettes, la totale ! Mais, croyez-moi, ce n'est pas fini. Des minibus emmènent les passagers par vingtaine seulement (nous étions plus de cinq cents personnes à bord) dans une salle de transit. Là, pas de sièges pour tout le monde, seulement deux WC , à boire mais pas à manger, Nous attendrons plus de quatre heures.
Certains passagers ne voudront pas repartir avec le même avion. Inutile de vous dire que j'avais le trouillomètre à zéro et que mon cœur battait plus qu’il ne fallait.

Nous devions arriver à Pointe à Pitre sur le coup de dix huit heures, nous sommes arrivés à une heure du matin ; le temps de prendre la voiture de location dans le noir, sous la pluie, cherchant où sont les essuie-glaces, nous en avions plus que marre. Il nous a fallu rouler une bonne heure pour Capesterre Belle Eau, dans le sud de Basse-Terre, et nous sommes arrivés chez nos amis à deux heures du matin, vannés de chez vannés ; nous avons pris une douche vite fait mais bien fait quand même et somme allés nous coucher, sous une moustiquaire.

Contrairement à la compagnie américaine United-Air Lines qui ne nous a même pas adressé un courrier d'excuses, Corsair a fait mieux les choses. Ils nous ont proposé un avoir de soixante dix euros par personne à valoir sur un voyage a prendre dans l'année qui suit.
J'ai pris ma plus belle plume pour râler et j'en ai obtenu cinquante par personne remboursés de suite par chèque.

Il faut avouer que depuis tous ces incidents, nous n’en avons plus connu d’autres. Je touche du bois car nous reprendrons l’avion en novembre prochain, compagnie Air Caraïbes, vol promotionnel en raison de l’anniversaire de la compagnie, de ce fait, nous n’avons pu obtenir les sièges que nous voulions.

Je puis aussi parler de ce qui est arrivé à mon Chéri, la dernière fois que nous sommes allés aux Etats-Unis. Pendant la longue attente de notre correspondance, il eut l’idiote idée (alors que je l’avais prévenu de ne pas le faire) de sortir de l’aéroport par un tourniquet. Quand il a voulu revenir à l’intérieur, le service de sécurité puis la police lui sont tombé sur le dos. Heureusement il avait son passeport sur lui, ce qui lui a permis d’obtenir un passboard pour pouvoir venir me rejoindre.


Août 2016



jeudi 2 juin 2016

Histoire vraie, histoire triste

Je trouve cette histoire tellement tragique qu'il faut que je la couche sur une feuille de «papier» qui pourrait être marquée d'un double crêpe noir, voire d'un triple.

Dans un petit village du sud Sarthe, un propriétaire avait une parcelle sur laquelle était construite la maison qu'il avait achetée, plus juxtaposée, une autre parcelle qu'il avait laissée en prairie car il ne voulait pas de voisins trop proches.

Quand l'Epouse de ce Monsieur qui s'en était allé avant elle, partit en maison de retraite, les enfants vendirent les biens de leurs parents, séparément.
Tout d'abord, la maison fut vendue très rapidement, et malheureusement, l'acheteur qui était déjà malade au moment de la vente, n'y aura vécu même pas une année entière avant de décéder.

Dans les mêmes temps, les héritiers du bien restant avaient été contactés par un couple de retraités, qui était intéressé par le terrain, parce qu'il était proche du bourg dans lequel il y avait un café-restaurant qui faisait dépôt de pain, un coiffeur et un médecin et aussi parce que ce joli bourg n'était pas loin de la ville. Ces contacts voulant, dans un premier temps, un rabais trop important, l'affaire ne se fit pas.

C'est une année après que le contact fut renoué pour finalement aboutir à la vente du dit terrain au couple en question. Demande et attente du permis de construire, délai de deux mois pour une éventuelle contestation des voisins, et enfin, c'est en février 2015, que commencèrent les travaux de construction de la maison neuve. Les nouveaux propriétaires étaient contents que les travaux démarrent, c'est ce que toutefois ils laissaient paraître.

C'est en fin d'année 2015 que nous apprenons à notre grande stupeur, que trois jours seulement après leur emménagement dans leur maison, le Monsieur s'était pendu dans ses combles. Sa femme s'en est allée chez leur fille, la maison restait fermée, comme abandonnée.

C'est quelques temps après, en courses dans l'hypermarché de la ville que nous apprenons par une habitante du village, que la Dame, étant venue seule dans sa maison pour la chauffer un peu, s'était pendue, à son tour, au même endroit que son mari.

Ce qui me travaille dans cette terrible histoire, c'est pourquoi ?
Comment après avoir mené à bien un tel projet, peut-on en arriver là ?
Je ne pense pas que ce soit une question de finances, d'après ce que je sais. Ont-ils vu trop grand ? Tant par le terrain que par la maison ? Pour le moment, cette triste histoire reste un mystère. Il se peut, qu'un jour, j'obtienne  quelques réponses à mon grand questionnement.
------------------
C'est ce que j'écrivais il y a quelques mois et depuis, j'ai appris, par le maire du village, que c'était bien une question d'argent qui avait poussé le Monsieur à mettre fin à ses jours. Peut-être un financement qui ne fut pas à la hauteur des travaux engagés. Quelle triste destinée !

La vie peut être bonheur, joie, plaisir comme elle peut être malheur, drame et tragédie.

***

mercredi 9 mars 2016

A ma Grand Mère


Petite Mémé

Douce, gentille, attentionnée,
au joli sourire,
toujours un peu speedée,
parfois tête en l'air,
aux histoires qui nous faisaient rire
à pleurer.

Petite Mémé au café du matin
versé par erreur dans le bidet portatif
dans sa petite loge de concierge
du Neuf de la rue Campagne Première
À Paris,
faute d'avoir un cabinet de toilette
et encore moins une salle de bains,
et ce, parce qu'elle faisait toujours 
trente six choses en même temps.

Petite Mémé aux combinaisons,
une par dessus une autre,
le soir en se déshabillant,
au bas à couture sur une jambe et l'autre sans,
au verre de lunettes resté dans l'étui
pour aller lire un papier que lui tendait
un visiteur très surpris,
qui lui demandait
où habitait une locataire américaine ;
J'étais morte de rire.

Petite Mémé, aux petits tas de café
derrière les verres de ses lunettes,
en attrapant le pot de café moulu
posé trop haut dans le placard.
Quelle rigolade avec ma soeur !
Nous étions arrivées au bon moment.

Petite Mémé aux lunettes cassées
et au visage blessé par malheur
contre un panneau indicateur
en se retournant après nous avoir dit au revoir
rue Campagne Première
devant la cour du 17
où mon Papa avait garé la voiture.
.
Petite Mémé au métro pris dans le mauvais sens
tant elle allait vite dans les couloirs 
du métropolitain parisien,
pour aller au Marché Saint Pierre.
C'est tout juste si ma cousine, ma sœur et moi
arrivions à la suivre.

Petite Mémé au gâteau sans farine
le jour de l'appel aux barricades
peu avant la libération de Paris,
au pouce écrasé au portillon
du « Château » du Berry,
à la glissade sur la neige
les deux pieds devant
sous le banc de dehors
en revenant d'être allée chercher
du lait et des œufs à la ferme,
aux cris « au secours » en appelant :
« Jean ! Jean ! « 
pour alerter Pépé
qui devant la télé n'entendait rien.

Pauvre petite Mémé,
Il lui arrivait toujours des trucs pas communs.
Nous aimions l'écouter raconter ses tribulations
lors du départ en exode, 
pendant la dernière guerre mondiale.
Cela valait son pesant de cacahuètes,
tant elle donnait l'impression
de revivre ce triste épisode.

Elle fut un peu perdue quand Pépé s'en est allé..
Puis après le décès de sa sœur et de son frère,
qui demeuraient dans le même hameau,
s'est retrouvée esseulée
là-bas dans son Berry natal,
mais qu'elle était heureuse
quand nous lui rendions visite !

Et puis, un jour, après une vie bien remplie,
après avoir survécu plus de trente ans à mon Pépé,
Petite Mémé s'est en allée, elle aussi,
à plus de cent et une années,
le retrouver au pays des Grands Parents
aimants
et aimés.
*
Mars 2016


Ici avec son premier arrière arrière petit fils.
c'était en 2000 -.
*

vendredi 15 janvier 2016

le ciel

                                                               


Le ciel,
toit du monde,

tantôt bleu,

tantôt blanc nuageux,

des fois nuageux gris/noir,
blanc bleu quand il moutonne,
des jours tout gris,
les nuits tout noir,
rouge au matin et feu le soir,

ouaté blanc quand il floconne,
orageux noir quand il pleure
pour faire pousser les fleur,

nuages roses ou oranges
ciel étrange.

*
 
Il est la demeure
du soleil, de la lune et des étoiles.
Chaque jour il peint une toile,

pour qu'au coucher et au réveil,

qui ne sont jamais pareils,
rouge, bleu azur ou nuageux,
il nous en mette plein les yeux.

                                                                         01.2012


samedi 3 octobre 2015

Comment ne pas épouser son futur



Marie-Sidonie est un joli brin de fille. De beaux et longs cheveux blonds comme les blés, les yeux bleus comme un ciel d'été et les lèvres rouges comme le rouge d'un coquelicot. Marie-Sidonie n'aime pas beaucoup son prénom, elle préfère qu'on l'appelle Sissi ou bien encore Sido. En cette journée de début juin, il fait beau, c'est de bon augure pour la semaine qui va suivre, pourvu que le beau temps perdure, elle doit se lier devant Dieu et les Hommes au beau Jonathan, avec qui elle vit en couple depuis trois ans, et qui est en voyage d'affaires en Italie.


Elle est au volant de sa petite Austin Mini pour aller chercher sa robe de mariée qu'elle avait vue et essayée dans un magasin spécialisé "Aux Belles Noces". A une intersection, elle voit arriver sur sa droite à toute allure une voiture qui vient automatiquement de brûler le feu rouge, vu qu'elle venait de passer au vert. Le choc est assez violent. Elle est inconsciente, sa tête a heurté le montant gauche de sa portière. Dans l'autre véhicule, le conducteur est inconscient également et semble assez grièvement blessé.



Les secours arrivent. Sissi et son adversaire sont transportés à l'hôpital.
Les parents de Sissi, prévenus, grâce à leurs coordonnées dans le portable de leur fille, arrivent à l'hôpital et attendent des nouvelles du service médical quant à son état.

Sissi a repris connaissance ; elle a un gros hématome au visage, souffre du dos, mais rien de grave et a une fracture de la clavicule gauche. Elle est au désespoir car son mariage tombe à l'eau.

Mais, ma Chérie, tu es en vie, c'est le plus important, un mariage ça peut se reporter, lui dit sa mère pour lui remonter un tant soit peu le moral. J'ai demandé des nouvelles de l' autre personne, il paraît qu'il n'est pas en bon état.
Il est ici ?
Oui, sa chambre est au bout du couloir.
J'irai lui dire deux mots demain à ce chauffard.

Le lendemain matin, Sissi se regarde dans la glace, l'hématome qu'elle a au visage, part de la tempe et lui prend la moitié de sa jolie frimousse, surtout au niveau de l’œil gauche.
En fait, elle va avoir un énorme et beau coquard ; elle est furieuse.

Dans la matinée, elle va voir son tamponneur pour l'enguirlander.
Elle frappe à la porte et entend une espèce de son, plutôt un râle d'ailleurs, qui doit vouloir dire « entrez ».
Elle voit sur le lit, une momie ; la jambe gauche est plâtrée et suspendue en l'air, l'homme a la tête et la poitrine bandées, et le bras droit en bandoulière. Il a le peu du visage que Sissi peut voir, tuméfié de partout, on ne lui voit plus les yeux.

Sissi réfreine sa colère et dit :
Bonjour !
Elle voit les doigts de la main droite de la momie se lever, cela doit vouloir dire la même chose.
Dîtes donc, vous vous être bien amoché ! Moi, vous venez de foutre mon mariage à l'eau  ; à part ça, j'ai la tête comme une pastèque, le dos et une épaule en vrac. Comme je vois que vous n'avez pas l'air d'aller ben fort, je reviendrai plus tard.

Le lendemain, le visage de Sissi est gonflé et son coquard est impressionnant. Sinon, le reste va mieux, le médecin lui dit qu'elle pourra sortir le jour d'après.
Le lendemain donc, elle attend ses parents qui doivent venir la chercher ; il sont en retard, certainement à cause de la circulation. Quand ils arrivent enfin, elle leur dit :
Attendez moi un instant, j'ai une visite à faire.

Toc ! Toc ! Et pour ne pas faire souffrir son tamponneur à répondre, elle entre. La momie dort. Pas grave, se dit-elle, je reviendrai un de ces jours.

Jonathan a bien évidemment été prévenu de l'affaire, mais malheureusement, il n'a pu rentrer dans l'urgence, à cause de ses obligations professionnelles, ce que Sissi a du mal à digérer. Les Parents de Sissi ont tout annulé, l'Eglise et la Mairie. Que faire pour le voyage de Noces à Rome, celui-ci est réservé et en partie payé ? Quant à  la salle de réception, elle est également annulée, et pour cette dernière, elle ne sera libre ensuite que le premier samedi de Septembre. Sissi peste.
Tu te rends compte Maman ! Je ne comptais pas me marier en Septembre !
Mais ma Chérie, des fois l'arrière saison est très belle et puis deux mois, ce n'est pas la fin du monde.
Ah ! Tu vois ça comme ça toi !
Ecoute ! On attend deux-trois jours que tu ailles mieux et on ira chercher ta robe de mariée.
Tu parles, ! Elle va se miter dans l'armoire d'ici le mois de septembre ! Tu peux me prêter ta voiture ?
Oui, pour aller où ?
A l'hôpital.

Deux jours se sont passés, la momie doit aller mieux, se dit Sissi.
Toc ! Toc !
Avec de la purée dans la bouche, elle entend :
Entrez ! 
Bonjour !
Avant même de lui demander de ses nouvelles  sur un ton très coléreux :
Vous avez vu comment vous m'avez arrangé la tronche ! Et mon bras ! Je devais me marier samedi  et partir en voyage de Noces dans la foulée !
Les yeux de la momie sont entrouverts ; il y a du progrès.
Désolé.
C'est tout ce que vous trouvez à dire ! Je pense que vous savez que vous avez brûlé un feu rouge ; faut mettre des lunettes mon vieux ! Et je parie que vous vous serviez de votre portable.
Oui,
C'est malin ça ! Je vous retiens, vous et votre bagnole !
De retour chez ses parents, sa Mère lui dit  :
Tiens, Jonathan a appelé ; il voulait savoir comment tu allais.
Et tu lui as dit quoi ?
Que tu allais pour le mieux, physiquement, mais que tu avais le moral à zéro.
Il rentre toujours vendredi ?
Ben euh ! Non,
Comment ça, non !
Il m' a dit que comme de toute façon le mariage est reporté, il ne rentrerai que Dimanche.
Ben voyons ! Alors lui, je le retiens aussi. J'ai failli me faire tuer et Monsieur non seulement n'a pas accouru à mon chevet mais  en plus il repousse son retour . Elles ont beau dos les obligations professionnelles !


Le samedi, elle décide d'aller voir l'homme qui vient de lui pourrir la vie.
Toc ! Toc !
Une voix claire lui dit d'entrer.
Bonjour ! Ben dites moi, ça a l'air d'aller mieux !
Lui lance Sissi sur un ton ironique.
Bonjour ! C'est vite dit !
Avec la tête bandée et tout le reste, vous aviez l'air d'une momie.
Lui dit-elle avec un sourire.
Je suis vraiment désolé,
Ah ! Ben ça, vous pouvez l' être ! Mon pauvre, vous avez une tête, on dirait Frankenstein.
Je vous remercie.
Et il s'appelle comment Frankenstein ?
Antonin.
Antonin le tamponneur de ces Dames. Bon, je vous souhaite de vous rétablir au mieux et au plus vite. Vous voyez, je suis bonne fille. Vous savez quand vous sortez ?
Peut-être fin de semaine prochaine.
Bon courage ! Je repasserai vous voir. Moi, c'est Sissi.
Merci !

Le lendemain après midi, Jonathan arrive d'Italie.
Ma pauvre Chérie !
Dis donc,  tu aurais pu faire un effort pour rentrer d'urgence.
Le boulot, Sissi, le boulot !
Si je comprends bien, ton boulot passe avant moi, sympa ! J'ai failli me faire tuer et toi tu t'en fous !
Mais non, mais...
Quoi, mais non mais... !
Tu n'as pas non plus passer trente six coups de téléphone. Un seul en une semaine...
Je te savais aux petits soins de tes parents.
Bon, écoute ! Tu vas à l'appart' et tu me laisses me reposer. En plus, j'ai besoin d'y voir clair.
Comment ça ?
J'ai besoin de réfléchir, de faire le point, tu comprends ?
Non, pas tellement.
Moi, si !

Le lundi et le mardi passent  et, Sissi retourne à l'hôpital. Elle ne sait pourquoi l'homme qui a bousillé son mariage l'attire, peut-être à cause du mépris dont fait preuve Jonathan.
Toc ! Toc !
Entrez !
Bonjour !
Bonjour !
Alors, comment ça va aujourd'hui ? La jambe, le bras, la poitrine, la tête, alouette, alouette !
Vous êtes une marrante, vous.
Oui, ça m'arrive des fois.

Et là, Sissi s'aperçoit qu'Antonin, le briseur de son mariage est plutôt beau mec.



Vous avez retrouvé visage humain ; c'est pas tout à fait encore Cary Grant, mais presque.
Merci du compliment. Vous n'êtes pas mal non plus.
C'est la couche de fond de teint qui fait tout parce que sinon mon coquard qui passe par toutes les couleurs est encore visible. Je dois quand même vous dire que j'ai été obligée d'annuler mon mariage et que mon mec n'a pas l'air plus déçu que ça. Enfin, tout baigne. On peut s'épouser si on veut la fête que nous voulions offrir à nos invités que le premier samedi de Septembre. C'est cool non !
Comment ça ?
Pour avoir la salle de réception.
Mince !
Vous pouvez dire que vous m'avez mis dans une sacrée panade.
Je suis vraiment confus,
Bon ! Vous ne savez toujours pas quand vous sortez ?
Si, samedi après midi, ma Mère vient me chercher,
Ah ! Heureusement que les parents sont là ! Je repasserai avant que vous partiez d'ici,
OK !
Salut !
Salut !

Curieusement Sissi quitte l'hôpital avec le cœur heureux. De retour chez ses parents :
Maman, il est super beau.
Qui ?
Antonin
-- C'est qui celui-là ?
Mon tamponneur.
Oh toi ! Tu ne serais pas en train de tomber amoureuse ?
Tu crois ?
Et Jonathan ?
Il a appelé ?
Non.
Ben alors !
Je te ferai gentiment remarquer que j'ai réservé la salle de réception pour le premier samedi de Septembre.
Oui, ben d'ici là, y a encore le temps de réfléchir.
Dit-elle à sa mère avec un sourire jusqu'aux oreilles et les yeux pétillants, comme ceux de Julia Roberts dans "Coup de foudre à Notthing Hill.


Le samedi suivant, là voilà repartie à l'hôpital :
Toc ! Toc !
Pas de réponse. Il dort, pense-t-elle. Toc ! Toc ! Silence radio, elle entre mais Antonin n'est plus là.
Elle court au secrétariat :
Il est sorti hier.
Ah bon ! Voue pouvez me donner son adresse ?
Ah non, je ne peux pas !
-- Et pourquoi ça ?
Parce que je n'ai pas le droit.
Son numéro de téléphone peut-être ?
Vous êtes Sissi ?
Oui
J'ai un message pour vous, et la secrétaire lui temps un papier.
Merci !

Allo ! Une voix de femme répond.
Est ce que je pourrais parler à Antonin, s'il vous plaît ?
De la part de qui ?
Sissi.
Chéri, c'est Sissi !
Allo ! Antonin ! Vous auriez pu me dire que vous étiez marié !
Mais je ne suis pas marié.
Alors, en couple, en concubinage, pacsé peut-être !
Pas du tout, c'est ma mère qui vous a répondu.
Super ! Tu es sorti un jour plus tôt ?
Tiens on se tutoie ?
Pourquoi pas ! Je me suis cassé le nez à l'hôpital, mais merci pour le numéro de téléphone.
Et ton portable ?
Cassé dans l'accident.
Tu vas bien ?
Je suis mieux ici que là-bas.
Je veux bien te croire.
C'est sympa de m'appeler.
Tu as bouleversé ma vie, Antonin, je ne sais plus où j'en suis. J'ai bien envie de tout annuler, car je ne veux plus épouser un homme qui ne m'a même pas demandée en mariage.
Comment ça ?
En fait, c'est moi qui ai suggéré le mariage et Jonathan n'a pas dit non. Mais compte tenu de son attitude assez éloignée après l'accident, je me demande s'il tient vraiment à moi.
Tu te fais sûrement des idées.
Non, je ne crois pas.
Excuse moi si j'ai foutu le bazar.
Ne t’excuse surtout pas, je crois que tu as été ma bonne étoile, en quelque sorte, même si notre rencontre a été loin d'être romantique. Au fait, j'ai pu me racheter une voiture avec l'argent de ton assurance.
Pas moi, mes dommages n'étaient pas assurés.
Pas de bol ! C' était pas ton jour. Moralité, ne pas téléphoner quand on conduit.
C'est pas moi, c'est ma mère, elle m'appelait pour me souhaiter mon anniversaire.
Fallait pas répondre ! Je suis méchante mais c'est vraiment pas de chance.
Repose-toi bien, prend ton mal en patience.
Je bouquine, je regarde la télé, je m'occupe, quoi !
T'as pas une petite amie pour te remonter le moral ?
Je me suis fait larguer il y a un mois.
Ah bon !
Elle est partie s'installer au Etats-Unis.
Quelle drôle d'idée !
Pour le boulot, toujours le boulot, pour sa carrière.
Elle serait bien accouplée avec Jonathan, il est pareil.
Au fait ! C'est quoi ton job ?
Si mon boss ne me fout pas à la porte, je travaille aux Douanes de Roissy.
Wow ! Super boulot !
-- Et toi ?
Secrétaire dans un centre médical.
Chouette boulot aussi !
Si on veut.
C'est quoi ton numéro de portable ?
Et Sissi, toute heureuse lui donne son numéro en espérant qu'il l'a rappellera assez vite.

Maman, il faut que je prenne une décision.
Oui, ma Chérie, laquelle ?
Je vais rompre avec Jonathan.
Je me doutais bien que cela allait finir comme ça. Du nouveau de l'autre côté ?
Quel autre côté ?
Antonin.
Je ne te parle pas d'Antonin, je te parle de Jonathan.
Lui ou l'autre, après tout ce sont tes affaires.

Et Sissi s'en va voir Jonathan et lui annonce la rupture. Elle retournera à l'appartement chercher ses affaires et fera déménager les quelques meubles qu'elle avait achetés. Elle ressort de chez son ex soulagée et heureuse. Lui, n'a pas l'air plus touché que ça.

Allo Sissi !
Oui.
Ca va ?
C'est à toi qu'il faut demander ça.
Ca va ; ça t'ennuie de venir me voir ?
Pas du tout.
Neuf rue de Paris, 4ème étage, appart 22 -.
Ok, j'arrive !
Maman, va papoter chez la voisine, s'il te plaît.
Pourquoi ?
Je vais avoir de la visite
Sissi ?
Oui.
Ah, tu t'es enfin décidé à te retrouver quelqu'un !
Laisse la porte ouverte.

Toc ! Toc !
Entre !
Salut !
Salut !
Tu voulais me voir ?
Je crois que toi aussi tu as chamboulé ma vie.
La faute à qui ? On devrait remercier ta mère. T'as failli me tuer mais elle, elle a failli te tuer aussi.
Tu es jolie comme un cœur, tu as de l'humour et la pêche, tu es super sympa même quand tu es en colère.
Sissi craque et embrasse Antonin.
Tu es gentil, beau gosse et super tout plein sinon pourquoi aurais-je rompu avec mon mec.
Sans blague !
Oui, c'est fait et je ne regrette rien, d'autant que lui non plus. Ta mère, sans le savoir ni le vouloir nous a mis chacun sur nos routes respectives un peu brutalement, je dois dire, mais si nous n'avions pas été blessés, jamais peut-être, nous aurions fait plus ample connaissance.
Ma mère a toujours été bonne pour moi.
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Je vois ça ! Bon, c'est pas le tout tout ça, mais c'est que je me demande ce que je vais faire de ma robe de mariée que je suis allée chercher avant de rompre. Je vais retourner au magasin voir s'ils veulent me la reprendre bien qu'elle ait été ajustée à ma taille, et là c'est pas gagné.
Demande s'ils peuvent te l'échanger contre une autre.
Pourquoi ?
Parce que je sens que tu ne veux pas te marier avec un autre dans une robe choisie pour épouser ton ex.
C'est tout à fait ça !
Écoute ! C'est pas compliqué. Quand je serai en état de me tenir sur mes deux guibolles sans vaciller, on convolera et on partira à Rome.
T'es sérieux, là ?
Oui ! Par contre, je pense que ma Mère va vouloir mettre son grain de sel dans les préparatifs.
Je rigole, car je crois qu'avec la mienne, ça risque de faire des étincelles,
Comme pour nous, ma puce, comme pour nous.

Et voilà comment le destin a mis Sissi sur la route d'Antonin, ou plutôt comment la mère d'Antonin a mis son fils sur le chemin de sa Belle. Un coup de foudre après un fracas de tôles du tonnerre, en plein milieu du croisement de la rue de la Mairie et de celle de l'Eglise.

2015